Après midi de shopping a Madrid. Il est encore tôt, j’ai le temps de laisser mes emplettes et d’aller au cinéma. M’enfermer dans une salle obscure, m’affaler sur mon siège et me perdre dans un film, comme d’habitude , ça me dit bien. Je choisis Into the wild, de Sean Penn. Les lumières s’éteignent, le film commence: Christopher McCandless, jeune diplômé, décide de tout plaquer (parents, famille,vie professionnelle sur le point de commencer, matérialisme, argent…): il a rendez vous avec l’unique chose susceptible d’être encore là, encore VRAIE: la nature. Sa destination finale? L’Alaska. Débute alors un voyage à travers l’essence, l’origine, mais surtout à travers soi-même. Car il s’agit de se rencontrer,finalement. Le “héros” commence ainsi par se rebaptiser, car pour renaître, il faut sans doute s’annuler. Christopher s’appelle désormais Alexander, Alexander Supertramp (super vagabond)…Et c’est ce qu’il fait: il vagabonde, ère, RESPIRE et petit à petit découvre. Et on découvre avec lui. On RESPIRE avec lui: le spectateur l’accompagne à l’interieur d’un infini de paysages incroyables et croise ,tout comme le protagoniste, non seulement l’origine, mais aussi l’humain. Car si on découvre la nature, on découvre aussi les hommes, des hommes qui ne font pas partie de l’entourage habituel du personnage, mais qui lui apporteront quelque chose , chacun à sa manière. Et plus on avance, plus on se détache de tout: de cette société matérialiste, du boucan et de la violence des hommes…et c’est pas facile. Il faut lutter. Lutter contre soi-même mais lutter aussi contre les autres et contre la nature elle même, contre laquelle on n’est bizarrement pas préparés….Et on se blesse, on est attaqués par tous les élements qui nous entourent, mais on lutte, le protagoniste lutte et on veut qu’il y arrive…Mais est-ce réellement possible? Une fois qu’on est imprégnés de ce monde que l’on s’est finalement tous imposés, peut on atteindre complètement le VRAI paradisiaque? Il faut croire que non…ou pour trop peu de temps. Christopher y parvient, mais se voit forcé à le quitter, il doit rentrer….et il est trop tard. Sa seule issue sera la mort. Pas étonnant, Lester Burhnam avait tenté le coup lui aussi dans American Beauty pour connaître la même fin. Après une scène de fin surement destinée à contenter les parents du héros, toujours en deuil, qui gache un peu la magie du film, les lumières de la salle se rallument….Et Osiris est scotchée…elle a pleuré. De joie? De tristesse?De rage? Aucune idée. Ce qui est sur c’est qu’elle a du mal a se relever, a quitter la salle obscure et a se réintroduire dans ce monde matérialiste qui la dégoute plus que jamais. Le pire c’est que là, maintenant, elle se dégoute elle- même, avec son sac “Miss Sixty” rempli de fringues. Elle a envie de lutter….mais pas le courage. “Tant pis, ça me passera”.Merci Sean Penn

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